Voici un article que j’ai envie d’écrire depuis bien longtemps. Mais ne sachant pas trop comment le tourner, je le repousse. Sauf que là, il faut que j’écrive. Je ne sais toujours pas comment le tourner, ni à quoi il va ressembler, j’y vais en free style. Besoin de déverser le trop plein.

 

Toute ma vie, j’ai fait le dos rond, parce que pour moi je valais moins qu’eux. Quel mot j’aurais pu avoir à dire de toute façon ? Une enfant, ça s’écrase !

 

Alors je me suis faite violence pour accepter… tout… trop.

 

J’ai accepté les jeux pervers, où je n’étais qu’un pion. J’ai accepté de ne passer qu’au second plan, voire pire. Je ne parle pas de relation amoureuse, je parle de relation en général. J’ai ma part de responsabilité : j’ai laissé faire les choses. De toute façon, si j’essayais de me justifier, on me renvoyait de la culpabilité. C’est bien pire, cette culpabilité…

 

Pourquoi ? Par peur. Peur d’être abandonnée, ma plus grande blessure.

 

Jusqu’au moment où j’ai cru mourir. Mon corps était vivant, mais l’âme dedans était détruite. Dieu merci, ce jour-là, je me suis rendue compte de mon état. Car longtemps je me suis voilée la face. Tellement plus simple. Ce jour-là, j’ai pris conscience que je devais avancer. Pour moi tout d’abord, puis pour ma fille. Et j’ai décidé de me libérer.

 

Certains diront que dans le passé, j’ai pété des câbles parfois. Et oui, la cocotte-minute, c’est pour tout le monde ! Sauf que la mienne n’avait pas le droit d’exploser. D’ailleurs, je le reconnais : elle explosait mal ! A tout garder, comment les autres peuvent comprendre que d’un coup tu ne supportes plus ? Sauf que cette fois-ci, j’ai tenu bon.

 

Ça a pris du temps, ça a été dur, ça a touché mon « Moi » le plus profond, l’essence même de qui j’étais. La prise de conscience fût une claque dans la tronche, mais tellement bonne à recevoir ! Elle a été la clé de ma libération intérieure, le médicament pour la petite fille qui pleurait en moi.

 

J’ai dit mon mal-être à qui de droit, qui ne l’a pas entendu. Forcément, c’est toujours plus simple de voir ce qui nous arrange. J’ai fait le tri dans mon entourage, sans même le vouloir. Ça s’est fait naturellement : les relations toxiques se sont éloignées, et je les ai laissé filer. Terminé de retenir les gens à tout prix !

 

Ceux qui devaient rester sont restés, encore meilleurs, et je les aime éperdument.

 

Quand je pense à ce que j’ai permis qu’on me dise, qu’on me fasse, je m’en suis voulu un temps. Puis j’ai compris : j’avais une leçon à tirer. J’ai compris bien des choses.

 

Je me suis rendue compte que j’étais immensément riche, encore plus que je le croyais car ça, je n’en ai jamais douté. Les personnes qui me sont bénéfiques sont toujours là pour moi, et j’espère être toujours là pour elles.

 

*****

 

On a refait fait saigner la petite fille en moi hier, d’où cet article qui est beaucoup plus virulent que ce que j’ai l’habitude d’écrire. Je me donne ce droit d’avoir eu mal et de m’être mise en colère. D’ailleurs cette colère ne redescend que lentement. Mais c’est frais, et je vais déjà mieux qu’hier. Si une chose comme ça s’était passé il y a ne serait-ce qu’un an en arrière, j’aurais été en crise. Là, non. Je relativise, car j’ai compris. J’ai le pansement pour cette petite fille.

 

Désormais, je ne laisse pas la marmite déborder alors que l’eau bouillonne. Je dis. De la façon la plus zen possible. Ça plait tant mieux, ça ne plait pas tant pis. Et si vraiment je m’emporte, c’est que le bouchon est poussé trop loin. Je n’ai pas pour caractère de rentrer dans le lard, et je n’ai pas envie de l’avoir pour autant. Juste, j’impose désormais mes limites.

 

Oui, j’ai des limites ! Je les accepte et les connais. Et je ne veux plus me rendre malade pour des choses qui n’en valent pas la peine. Je me protège et tant pis si je passe pour une égoïste.

 

J’ai beaucoup écrit pour moi-même, aujourd’hui j’ai envie de l’écrire, de le dire ici. Ne laisse personne franchir tes limites sous peine de te perdre toi-même.

 

En gros, je lâche prise désormais. Je me fais confiance, et ça me réussit. J’ai de plus en plus d’instinct. Je me sens mieux moi-même, comme soulagée d’un poids. Et si tout ça revient sur le tapis, je sais le gérer, en acceptant aussi le temps qu’il m’est nécessaire pour évacuer ma colère. Je suis humaine, et loin d’être parfaite, j’en suis ravie.

 

J’espère que si toi aussi tu souffres de vouloir plaire aux autres par peur, cet article te fera du bien. J’avoue qu’en premier lieu, alors que j’arrive à la fin, je me soulage moi et je me sens nettement mieux au fur et à mesure de mes lignes.

 

J’aimerais remercier les personnes qui m’ont aidé lorsque ça n’allait pas, et leur dire que je les aime fort.

 

« Parfois tu dois laisser les choses s’en aller pour que des meilleures choses doivent arriver dans ta vie ». Ca a pris tout son sens pour moi. Même si je ne suis pas infaillible.

 

Je terminerais par un proverbe maori qui me suit toujours, mais qu’à force de le voir, je ne le regardais plus « Tourne-toi vers le soleil, et l’ombre sera derrière toi ».

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Pompon Cerise